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MANIFESTE
Indexée sur les valeurs marchandes et financières, sur la « nécessité » de l’exploitation et de la servitude,
de l’entreprise et de la concurrence, la vie n’est-elle pas dans le même temps indexée sur la mort ? Si la vie
doit perpétuellement s’adapter aux critères financiers, à la valeur et aux logistiques compétitives de création
de plus-values, n’est-elle pas spontanément condamnée à visiter sans fin des horizons d’ennuis morbides,
de destructivité, d’agressivité, d’atrophie, d’agonie, etc. ? Le projet générateur de la revue est de fournir au
lecteur des éléments de réponse à ces questions qui touchent de près l’économie thanatique dans nos sociétés
capitalistes contemporaines. Il s’agirait de traquer et critiquer les représentants individuels et collectifs,
les incarnations idéologiques, imaginaires, symboliques, artistiques, culturelles, institutionnelles, administratives,
etc., d’une pétrification des devenirs de la vie qui a trouvé dans le système capitaliste ultralibéral un terrain
psycho-patho-politique à la hauteur de ses ambitions. Nous avons des capitalismes incarnés jusqu’aux
os à mesure que nous affirmons l’implacable réalité de ce monde. Mortibus, farceuse et ironique, en refuse
l’absurdité totale et veut donner la part belle à la raison émouvante et à l’embrasement de la vie.
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